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Etude (presque) sérieuse sur les difficultés rencontrées dans l'élaboration d'une thèse
Par S. Darmaisin, Docteur !
L'observation des parcours en thèse de différents étudiants permet de dégager toute une série de pathologies qu'il est nécessaire de s'employer à traiter pour améliorer le confort mental du doctorant. La liste qui suit donne un tableau non exhaustif des différents syndromes relevés à ce jour.
- Le syndrome de culpabilité : Le malade entend en permanence une petite voix intérieure qui lui dit à chaque instant : " tu devrais être en train de travailler ". Ce syndrome présente le défaut évident d'interdire toute pause, toute décompression. Aucun remède connu à ce jour.
- Le syndrome colérique : Le malade est irritable et en veut à la terre entière de l'avoir laissé commencer une thèse. Dans les périodes de crise le malade peut s'en prendre violemment à tout objet qui traîne sur son bureau et jeter ses travaux à la poubelle. Dans la majorité des cas, il récupère l'ensemble dès le lendemain matin. Dans certains cas extrême, le malade peut renoncer à s'encombrer d'un conjoint ce qu'il regrette immédiatement après sa soutenance de thèse.
- Le syndrome obsessionnel : Le malade voit sa thèse partout et a le sentiment le plus souvent injustifié que tout ce qu'il lit ou entend se rapporte à sa thèse. Dans les cas les plus extrêmes, le malade ne comprend pas que les autres personnes puissent s'intéresser à autre chose qu'à sa thèse.
- Le syndrome de la page blanche : Le malade demeure prostré devant sa page désespérément blanche. Ce syndrome est sans gravité dans les premiers mois. Il commence à devenir inquiétant dans les 5 ans et alarmant dans les 10 ans.
- Le syndrome d'infériorité : Le malade a le sentiment qu'il est intellectuellement déficient et qu'il ne parviendra jamais à égaler ses prédécesseurs. Ce syndrome se traduit généralement par une apathie marquée et par une volonté latente de mettre à mort le sujet de thèse. Le seul remède connu à ce jour : écrire, aller de l'avant et se dire que si la thèse n'est pas géniale, elle aura toujours le mérite d'exister.
- Le syndrome de supériorité : Le malade a le sentiment qu'il est en train d'écrire la thèse du siècle. Pathologie grave et très douloureuse notamment lorsqu'il réalise qu'une dizaine de personnes (famille et amis compris) liront la thèse. A noter cependant que dans de rares cas, il a pu être observé que la thèse se révélait être la thèse du siècle.
- Le syndrome d'insouciance : Le malade se promène en permanence dans les couloirs des facultés et bibliothèques universitaires et ne s'assoit que très rarement un stylo à la main. Pathologie grave dès le début de la thèse et alarmante après 5 ans. Seul remède connu à ce jour : le coup de pied aux fesses.
- Le syndrome du temps perdu : Dans une première phase, le malade passe plus de temps à pleurer sur le temps qu'il pense avoir perdu qu'à travailler. Dans une seconde phase, le malade passe plus de temps à pleurer sur le temps qu'il a perdu à pleurer qu'à travailler. Seul remède connu à ce jour : sécher ses larmes, ne plus penser à autre chose qu'à l'écriture et se rappeler qu'une thèse peut matériellement se rédiger en six mois. |
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