Faculté de Droit de Nîmes

TD Droit du travail (L3) – 2006-2007

Equipe pédagogique : A. Sartel, G. Bros, J.C. Montazaud, S. Darmaisin

 

Second semestre – Séance 2 : L’exercice du pouvoir disciplinaire

 

La SARL Lease Anti distribue du matériel informatique. Elle est composée de deux associés égalitaires dont l’un, Madame Cécile assume les fonctions de gérant salarié. Cette dernière sollicite aujourd’hui votre avis sur différentes questions qu’elle rencontre dans l’entreprise

1°) Son responsable du personnel vient de l’informer qu'une violente rixe a opposé, sur fond politico-sportif, trois salariés d'une agence. Les faits se seraient déroulés courant décembre peu après la fin de leur journée de travail. Depuis ces incidents, il semble qu'un malaise se soit installé, ce qui expliquerait d'ailleurs la nette diminution du rendement de l'équipe.

Le premier salarié en cause est M. Penel, connu pour son tempérament belliqueux; il a d'ailleurs, suite à des insultes qu'il avait proférées, fait l'objet d'une procédure disciplinaire qui a débouché sur un blâme notifié en mars 2004. Par la suite, son supérieur hiérarchique a multiplié les réprimandes.

M. Leroy, le second protagoniste n'est pas inconnu du service du personnel : ce sous-chef d'agence avait reçu en juin dernier un avertissement verbal avec note au dossier pour des retards répétés et en septembre dernier, la direction lui a envoyé une note très sèche pour critiquer son insuffisance de résultats tout en exigeant une amélioration rapide (qui n'est d'ailleurs toujours pas intervenue).

Le troisième salarié est M. Robert tout juste rentré d'un congé quelque peu suspect. Il est vrai qu'il cherche à se faire oublier : fin juillet dernier, un audit a permis de découvrir des irrégularités sérieuses dans sa gestion administrative. Madame Cécile vous indique envisager les protagonistes de la manière suivante : une rétrogradation pour M. Leroy, une mise à pied de huit jours pour M. Pénel doublée de la remise en cause de son avancement qui aurait dû intervenir au mois de décembre, et le licenciement de M. Robert.

Annexes :

               Art 21 C/C : "Les sanctions susceptibles d'être appliquées sont l'avertissement, le blâme, la mutation, le licenciement avec ou sans préavis. Sauf faute grave, le licenciement ne pourra être prononcé qu'en cas de récidive"

                Art 8 du règlement intérieur : " Tout manquement du salarié à l'une quelconque des obligations nées du  présent règlement intérieur ou du contrat de travail pourra donner lieu à l'une des sanctions suivantes : avertissement, blâme, mise à pied de un à huit jours, rétrogradation, mutation, licenciement."

 

 

2°) Madame Cécile vous indique par ailleurs qu’a été mis en place dans sa société une charte d’entreprise. Ce document prévoit la nécessité de donner à la clientèle une image jeune, dynamique et sérieuse et prévoit notamment que :
- les chewing-gums sont interdits ;
- le maquillage des femmes doit être très léger ;
- le percing est interdit ;
- le port de la barbe ou de la moustache est déconseillé ;
- les salariés ne fumeront pas dans l’entreprise ni dans un rayon de 200 mètres ;
- le personnel masculin doit obligatoirement porter une cravate ;
- le personnel féminin doit obligatoirement porter une jupe.

Madame Cécile envisage aujourd’hui de licencier deux salariés ne respectant pas les engagements de la charte – charte qu’ils ont pourtant signée –. Qu’en pensez-vous ?

 

3°) La charte prévoit enfin la possibilité pour les salariés de dénoncer anonymement par internet les actes contraires à l’honneur et la probité qui seraient éventuellement commis par les salariés de l’entreprise. Madame Cécile vous demande si cette procédure peut légitimement être maintenue dans l’entreprise étant précisé qu’elle est imposée par la société américaine dont elle n’est que la filiale.