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Droit et Culture Juridique "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts" Isaac Newton 
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Etude (presque) sérieuse sur les difficultés rencontrées dans l'élaboration d'une thèse
Par Stéphane Darmaisin, Docteur ...
L'observation des parcours en thèse de différents étudiants permet de dégager toute une série de pathologies qu'il est nécessaire de s'employer à traiter pour améliorer le confort mental du doctorant. La liste qui suit donne un tableau non exhaustif des différents syndromes relevés à ce jour.
- Le syndrome de culpabilité : Le malade entend en permanence une petite voix intérieure qui lui dit à chaque instant : ” tu devrais être en train de travailler “. Ce syndrome présente le défaut évident d'interdire toute pause, toute décompression. Aucun remède connu à ce jour.
- L e syndrome colérique : Le malade est irritable et en veut à la terre entière de l'avoir laissé commencer une thèse. Dans les périodes de crise le malade peut s'en prendre violemment à tout objet qui traîne sur son bureau et jeter ses travaux à la poubelle. Dans la majorité des cas, il récupère l'ensemble dès le lendemain matin. Dans certains cas extrême, le malade peut renoncer à s'encombrer d'un conjoint ce qu'il regrette immédiatement après sa soutenance de thèse.
- Le syndrome obsessionnel : Le malade voit sa thèse partout et a le sentiment le plus souvent injustifié que tout ce qu'il lit ou entend se rapporte à sa thèse. Dans les cas les plus extrêmes, le malade ne comprend pas que les autres personnes puissent s'intéresser à autre chose qu'à sa thèse.
- Le syndrome de la page blanche : Le malade demeure prostré devant sa page désespérément blanche. Ce syndrome est sans gravité dans les premiers mois. Il commence à devenir inquiétant dans les 5 ans et alarmant dans les 10 ans.
- Le syndrome d'infériorité : Le malade a le sentiment qu'il est intellectuellement déficient et qu'il ne parviendra jamais à égaler ses prédécesseurs. Ce syndrome se traduit généralement par une apathie marquée et par une volonté latente de mettre à mort le sujet de thèse. Le seul remède connu à ce jour : écrire, aller de l'avant et se dire que si la thèse n'est pas géniale, elle aura toujours le mérite d'exister.
- Le syndrome de supériorité : Le malade a le sentiment qu'il est en train d'écrire la thèse du siècle. Pathologie grave et très douloureuse notamment lorsqu'il réalise qu'une dizaine de personnes (famille et amis compris) liront la thèse. A noter cependant que dans de rares cas, il a pu être observé que la thèse se révélait être la thèse du siècle.
- Le syndrome d'insouciance : Le malade se promène en permanence dans les couloirs des facultés et bibliothèques universitaires et ne s'assoit que très rarement un stylo à la main. Pathologie grave dès le début de la thèse et alarmante après 5 ans. Seul remède connu à ce jour : le coup de pied aux fesses.
- Le syndrome du temps perdu : Dans une première phase, le malade passe plus de temps à pleurer sur le temps qu'il pense avoir perdu qu'à travailler. Dans une seconde phase, le malade passe plus de temps à pleurer sur le temps qu'il a perdu à pleurer qu'à travailler. Seul remède connu à ce jour : sécher ses larmes, ne plus penser à autre chose qu'à l'écriture et se rappeler qu'une thèse peut matériellement se rédiger en six mois.

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